Monstre : Jonathann Daval Ce que vous n’aviez Pas remarqué dans son discours

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Jonathan Daval : les incongruences troublantes de son discours en hommage à Alexia

Avant même de prononcer son premier mot, Jonathan Daval semble submergé par l’émotion.

Sa respiration est marquée. Il ferme les yeux, relève la tête, paraît éprouver des difficultés à contenir sa tristesse.

Puis il commence à parler.

Et quelque chose change.

Son discours devient étonnamment linéaire. Sa voix paraît presque monotone. L’intensité émotionnelle qu’il semblait manifester quelques secondes auparavant disparaît en grande partie.

C’est précisément ce contraste qui rend cette séquence particulièrement intéressante.

Dans cette analyse, nous allons observer plusieurs incongruences entre les expressions faciales, le langage corporel, la voix et les mots employés par Jonathan Daval lors de son discours d’hommage à Alexia Daval.

L’objectif est de comprendre comment repérer ces décalages et pourquoi leur accumulation peut attirer notre attention.

Une arrivée marquée par des signes de tension

Commençons par les premières secondes, avant même que Jonathan Daval prenne la parole.

On remarque d’abord plusieurs regards dirigés vers sa gauche.

Impossible de déterminer précisément ce qu’il cherche à observer, mais ces mouvements reviennent à plusieurs reprises.

Un autre élément attire davantage mon attention : sa respiration.

Jonathan Daval ouvre la bouche et semble chercher à prendre des inspirations plus importantes.

Ce comportement peut être compatible avec une forme de stress.

Lorsqu’une personne se trouve sous tension, sa respiration peut devenir moins confortable, notamment en raison d’une mobilisation musculaire plus importante.

Le corps cherche alors à retrouver un rythme respiratoire adapté.

Dans cette situation, cette hypothèse me paraît cohérente.

Jonathan Daval se prépare à prononcer un discours devant les journalistes et les personnes venues rendre hommage à son épouse.

Il est donc compréhensible que cette prise de parole s’accompagne d’une certaine tension.

Mais ce sont surtout les comportements qui suivent qui vont nous intéresser.

Les expressions faciales : entre tristesse et neutralité

Juste avant de commencer son discours, Jonathan Daval ferme les yeux et relève légèrement la tête.

J’y vois une forme de blocage visuel, un comportement qui peut accompagner une tentative de régulation émotionnelle.

Il semble chercher à contenir ce qui se passe en lui.

Son visage présente alors plusieurs manifestations compatibles avec une expression de tristesse.

Mais quelques instants plus tard, son expression change.

Son visage devient relativement neutre.

Il regarde de nouveau sur le côté.

Puis il ferme les yeux et relève encore la tête.

Cette alternance est intéressante.

Nous passons d’une expression émotionnelle marquée à une expression beaucoup plus neutre, avant de retrouver une manifestation similaire à la première.

L’observation des expressions faciales demande une attention particulière à leur apparition, à leur durée et à leur disparition. Certaines expressions sont même extrêmement brèves, comme je l’explique dans mon article consacré aux 5 micro-expressions faciales et à leur observation.

On pourrait y voir une manière habituelle pour lui d’exprimer ou de réguler sa tristesse dans cette situation.

À ce stade, rien ne permet de tirer une conclusion définitive.

Mais nous commençons à identifier une dynamique comportementale qui mérite d’être suivie.

Une main devant la bouche : concentration ou retenue émotionnelle ?

Un autre geste attire mon attention.

Jonathan Daval place son index sous son nez, puis sa main vient davantage couvrir sa bouche.

Ce type de mouvement peut accompagner une phase de concentration ou de réflexion.

Mais dans cette séquence, j’envisage également une autre fonction : la retenue émotionnelle.

Il semble chercher à contenir quelque chose avant de prendre la parole.

La question est alors de savoir ce qu’il retient réellement.

S’agit-il d’une tristesse qu’il éprouve des difficultés à maîtriser ?

Ou d’un effort pour produire et maintenir une expression émotionnelle adaptée à la situation ?

À ce moment précis, nous ne pouvons pas encore départager ces possibilités.

En revanche, la suite de son comportement va faire apparaître un contraste particulièrement marqué.

Le début du discours : une rupture émotionnelle surprenante

C’est, selon moi, l’un des passages les plus intéressants de toute la séquence.

Quelques secondes auparavant, Jonathan Daval semblait éprouver de grandes difficultés à contenir son émotion.

Sa respiration était marquée.

Ses expressions faciales étaient changeantes.

Il semblait avoir besoin de plusieurs instants pour se préparer à parler.

Puis il commence son discours.

Et son expression devient beaucoup plus linéaire.

La voix est relativement plate.

Le rythme est régulier.

Le texte paraît récité.

Nous passons d’une expression corporelle fortement chargée émotionnellement à une lecture presque mécanique.

C’est ce décalage qui m’interpelle.

Il ne s’agit pas simplement de constater qu’il lit un texte préparé.

C’est la différence d’intensité entre les deux moments qui mérite notre attention.

Nous sommes face à un discours d’hommage à son épouse assassinée.

Or, l’émotion particulièrement marquée avant la prise de parole ne semble pas se prolonger avec la même intensité dans sa voix.

Cette rupture constitue, à mes yeux, une première incongruence importante.

Note :
Ce changement illustre parfaitement l’importance du timing dans l’analyse comportementale. Ce n’est pas seulement ce que fait une personne qui compte, mais aussi le moment où son comportement évolue. C’est justement ce principe que j’explique dans mon article sur la Fenêtre de Réaction et les ruptures comportementales.
Cette fois entre le moment d’une question et la réponse verbale de quelqu’un

Un discours centré sur le sport et la course à pied

Jonathan Daval commence notamment par évoquer les activités sportives qu’il partageait avec Alexia.

Il insiste sur la course à pied, le dépassement de soi et la place du sport dans leur relation.

Ce choix m’interpelle.

Dans un discours d’hommage à une épouse assassinée, on pourrait s’attendre à entendre davantage de souvenirs personnels, d’évocations de sa personnalité ou de moments marquants de leur vie commune.

Ici, le sport occupe une place particulièrement importante.

Bien entendu, la course à pied pouvait représenter une dimension essentielle de leur relation.

Mais ce choix devient troublant lorsqu’on le replace dans le contexte de l’affaire.

Au moment de ce discours, Jonathan Daval soutient qu’Alexia a disparu alors qu’elle était partie courir.

Le sport se retrouve donc à la fois au coeur du récit de sa disparition et au centre de l’hommage qu’il lui rend.

Ce rapprochement ne constitue pas une preuve en lui-même.

Mais il représente un élément supplémentaire dans l’analyse du contenu verbal.

Et un mot précis va particulièrement retenir mon attention.

« Mon oxygène » : un choix de mot particulièrement troublant

Dans son discours, Jonathan Daval évoque Alexia en utilisant cette expression :

« Mon oxygène. »

Ce passage me paraît particulièrement troublant lorsque l’on connaît les circonstances de sa mort.

Alexia Daval est morte par strangulation.

Et Jonathan Daval, reconnu par la suite comme l’auteur du meurtre, avait préparé ce discours avant de le prononcer.

Il ne s’agit donc pas d’une expression apparue spontanément au milieu d’une conversation.

Le texte avait été rédigé.

Le mot avait été choisi.

C’est précisément ce qui m’interpelle.

Parler de son épouse comme de son « oxygène », alors que sa mort résulte d’une privation d’oxygène liée à la strangulation, crée un rapprochement particulièrement macabre.

Certes, l’expression appartient au langage affectif courant.

Mais dans ce contexte précis, et compte tenu du caractère préparé du discours, je considère que ce choix mérite d’être souligné.

Ce n’est pas le mot isolé qui nous intéresse, mais le rapport entre le mot, les circonstances et la construction du discours.

Des hésitations qui contrastent avec une voix monotone

Un autre phénomène apparaît pendant la lecture.

À certains moments, Jonathan Daval semble éprouver des difficultés à prononcer certains passages.

Il hésite.

Il répète des mots.

Son débit devient momentanément saccadé.

Puis il reprend une lecture relativement uniforme.

Ce qui m’intéresse ici, c’est la manière dont ces hésitations s’insèrent dans l’ensemble du discours.

Nous avons une voix globalement monotone, avec des interruptions ponctuelles qui semblent introduire une charge émotionnelle.

Mais cette charge ne paraît pas se prolonger dans le rythme général de sa prise de parole.

L’impression produite est celle d’une émotion qui apparaît brièvement avant de disparaître presque immédiatement.

C’est ce contraste qui me semble peu naturel dans cette séquence.

Il ne faut évidemment pas supposer que toutes les personnes endeuillées s’expriment de la même manière.

Mais lorsque nous cherchons à comprendre une incongruence, nous devons justement nous intéresser à ces différences entre les moments d’expression.

Pourquoi une émotion semble-t-elle particulièrement marquée à certains instants, puis presque absente quelques secondes plus tard ?

C’est une question comportementale intéressante.

La fin du discours : une intensité qui ne remonte pas

La dernière partie de l’hommage renforce cette impression.

Jonathan Daval termine son texte en évoquant le manque que représentera la disparition d’Alexia.

Pourtant, sa voix conserve un caractère relativement linéaire.

Il n’y a pas de montée émotionnelle particulièrement marquée.

Pas de rupture vocale majeure.

Pas de changement d’intensité comparable à ce que nous avions observé avant sa prise de parole.

Et c’est précisément ce qui m’interpelle.

Au début, il semblait avoir besoin de contenir une émotion très importante pour parvenir à parler.

Mais au moment de conclure son hommage, cette intensité semble avoir presque totalement disparu.

Je trouve cette évolution particulièrement intéressante parce qu’elle s’inscrit dans une séquence complète.

Il ne s’agit pas d’un geste isolé.

Nous avons un avant, un pendant et un après.

Et l’expression émotionnelle ne semble pas suivre la même dynamique selon les moments du discours.

C’est cette absence de continuité qui nourrit mon hypothèse d’incongruence.

Qu’est-ce qu’une incongruence en langage non verbal ?

Pour comprendre cette analyse, il faut maintenant définir ce que nous appelons une incongruence.

Lorsque quelqu’un communique, plusieurs canaux interviennent simultanément.

Nous pouvons en distinguer trois principaux.

Le verbal : les mots

C’est le contenu du discours.

Les phrases choisies.

Les expressions utilisées.

Les thèmes abordés.

Dans cette séquence, nous nous intéressons notamment au choix de parler du sport, à la manière de présenter le couple et à l’expression « mon oxygène ».

Le corporel : les gestes et les expressions

Ce canal comprend les mouvements, les postures, les expressions faciales et les comportements de régulation.

Chez Jonathan Daval, nous avons notamment observé les fermetures des yeux, les mouvements de tête, les contacts avec le visage et les variations de son expression.

Le vocal : la manière de parler

Enfin, nous avons la voix.

Son rythme.

Son intensité.

Son intonation.

Les hésitations.

Les pauses.

Dans le discours de Jonathan Daval, ce canal est particulièrement important puisque sa voix paraît beaucoup plus contenue que son comportement juste avant la prise de parole.

L’incongruence apparaît lorsque nous observons un décalage entre plusieurs de ces canaux ou entre différentes phases d’une même séquence.

La congruence ne concerne pas seulement les gestes

On pense souvent qu’une personne est congruente lorsque ses gestes accompagnent ses paroles.

Mais c’est plus complexe.

Il faut également prendre en compte le temps.

Une personne peut présenter des expressions faciales cohérentes avec le contenu de son discours à un instant donné, puis changer brusquement de comportement.

Nous devons donc observer la continuité de l’expression.

Dans le cas de Jonathan Daval, c’est précisément ce qui me pose question.

Avant le discours, son corps semble manifester une forte charge émotionnelle.

Pendant la lecture, sa voix devient relativement monotone.

Certaines hésitations apparaissent ponctuellement.

Puis la fin du discours conserve cette même retenue vocale.

Nous observons donc plusieurs décalages, non seulement entre le corps et la voix, mais également dans l’évolution de son comportement au fil du temps.

Et lorsque ces décalages se multiplient, l’hypothèse d’une incongruence devient particulièrement intéressante à explorer.

Peut-on reconnaître un discours sincère grâce à la congruence ?

Il faut distinguer deux notions.

La première est la cohérence expressive.

Une personne peut présenter des mots, des gestes et une voix qui semblent aller dans la même direction.

La seconde est la véracité de son discours.

Et ces deux notions ne sont pas équivalentes.

Une personne peut être très convaincante et mentir.

À l’inverse, une personne sincère peut présenter des comportements contradictoires, notamment lorsqu’elle se trouve dans une situation émotionnellement difficile.

L’incongruence ne doit donc pas être considérée comme une preuve de mensonge.

Mais elle peut constituer un signal d’attention, particulièrement lorsqu’elle apparaît à plusieurs reprises et concerne différents canaux de communication.

Dans cette analyse, ce n’est pas un geste particulier qui m’interpelle.

C’est l’accumulation des décalages observés pendant la prise de parole.

Ce qui me semble incongruent dans le discours de Jonathan Daval

Si nous reprenons l’ensemble de la séquence, plusieurs éléments ressortent.

D’abord, une expression corporelle très marquée avant le discours.

Ensuite, une rupture importante au moment où il commence à lire.

Puis un contenu verbal qui accorde une place centrale à la course à pied, alors même que cette activité est directement liée au récit initial de la disparition d’Alexia.

Nous retrouvons également le choix troublant de l’expression « mon oxygène ».

À cela s’ajoutent des hésitations ponctuelles qui contrastent avec un débit globalement monotone.

Enfin, la conclusion du discours ne retrouve pas l’intensité émotionnelle exprimée avant la prise de parole.

Pris séparément, ces éléments peuvent recevoir différentes explications.

Mais c’est leur accumulation qui construit l’impression générale d’incongruence que je relève dans cette vidéo.

Avec le recul que nous donne aujourd’hui l’issue judiciaire de l’affaire, ces observations prennent une dimension particulièrement troublante.

Elles restent néanmoins des observations comportementales et non des preuves judiciaires.

Exercice : apprendre à repérer une incongruence

Pour vous entraîner à observer ce phénomène, je vous propose un exercice simple.

Choisissez une prise de parole filmée.

Cela peut être une interview, un discours public ou une conversation.

Commencez par regarder la séquence en vous concentrant uniquement sur les mots.

Quel message la personne cherche-t-elle à transmettre ?

Ensuite, regardez la même séquence en observant uniquement son corps.

Les expressions faciales accompagnent-elles le discours ?

Les gestes apparaissent-ils à des moments précis ?

Enfin, écoutez la voix.

Le rythme change-t-il ?

L’intonation correspond-elle à l’intensité expressive observée ?

Des hésitations apparaissent-elles ?

Une fois ces trois observations réalisées, comparez-les.

Et surtout, posez-vous cette question :

À quoi pourrait servir le comportement qui semble décalé ?

Est-ce une tentative de régulation ?

Un effort de concentration ?

Une manière d’accentuer un message ?

Ou une expression qui semble difficile à maintenir dans la durée ?

Cette dernière question est essentielle.

Elle vous oblige à dépasser le simple constat d’un geste inhabituel pour chercher sa fonction dans la situation.
C’est précisément le raisonnement que je développe dans la Méthode Fil Rouge, une approche qui consiste à rechercher la fonction d’un comportement avant de chercher à lui attribuer une signification.

Ce qu’il faut retenir

Le discours de Jonathan Daval est particulièrement intéressant à analyser parce qu’il présente plusieurs décalages entre ses expressions corporelles, sa voix et ses paroles.

Ce qui m’interpelle le plus n’est pas un mouvement particulier.

C’est la rupture entre l’émotion très marquée avant la prise de parole et la relative monotonie du discours qui suit.

À cette rupture s’ajoutent plusieurs éléments verbaux et vocaux qui renforcent mon impression d’incongruence.

Cette analyse illustre une règle importante : pour comprendre le langage non verbal, il ne suffit pas d’observer un geste.

Il faut observer l’ensemble des canaux de communication et leur évolution dans le temps.

Un geste peut attirer notre attention. Mais c’est la séquence complète qui nous permet de construire une véritable analyse comportementale.


Retrouvez mon analyse complète du discours de Jonathan Daval en vidéo sur YOUTUBE.
Et si vous souhaitez apprendre à repérer les ruptures comportementales, les incongruences et les fonctions des gestes, vous pouvez télécharger mon guide gratuit sur le langage non verbal.

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