Les 3 Points Communs Entre Jordan Bardella, Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon 

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À première vue, tout les oppose. 

L’un est le visage d’une droite qui ne s’excuse de rien, 
l’autre le tribun d’une gauche qui se veut radicale, 
et le dernier, l’héritier d’une extrême droite 
qui a su polir son image pour s’imposer. 

Ce sont des ennemis déclarés. 

Et pourtant… 
ils utilisent exactement les mêmes armes pour nous convaincre. 

Aujourd’hui, 
on décrypte trois techniques de communication qu’ils partagent 
et qui sont, tu vas le voir, 
étonnamment similaires. 

Après ça, 
tu n’écouteras plus jamais leurs discours de la même façon. 

Je suis un passionné de communication politique, 
et ce qui me fascine chez eux, 
ce n’est pas tant le fond de leurs idées, 
mais la forme

Comment, avec des mots, 
des gestes 
et des histoires, 
ces trois bêtes de scène arrivent-elles 
à capter notre attention 
et à nous faire adhérer à leur vision du monde ? 

Point Commun n°1 : Le Storytelling d’Opposition, L’Arme du “Nous contre Eux” 

Premier secret partagé : 
leur maîtrise du storytelling d’opposition

C’est une technique narrative aussi vieille que le monde, 
mais en politique, 
son efficacité est redoutable. 

Le principe ? 
Simple. 

On ne te vend pas un programme, 
on t’embarque dans une histoire 
où le leader est le seul rempart, 
le défenseur d’un groupe,
“le peuple”, “les gens”, “les vrais Français”,
face à un ennemi tout désigné. 

Cette structure, 
c’est le moteur de leur communication. 
Décoder les émotions cachées grâce à la synergologie (et changer vos relations).

Cet adversaire peut être “l’élite”, 
“le système”, 
ou un groupe social accusé de tous les maux. 

Prenons Nicolas Sarkozy

Sa partition était parfaitement claire. 

Il a incarné “la France qui se lève tôt”. 

Le “nous”, 
c’était les travailleurs, 
les entrepreneurs, 
la France du mérite. 

Et le “eux” ? 
C’était une cible mouvante, 
mais toujours facile à identifier : 
les “assistés”, 
une gauche jugée trop laxiste, 
les syndicats qui bloquent tout. 

Rappelle-toi cette opposition quasi religieuse 
entre la “valeur travail” 
et “l’assistanat”. 

Sarkozy ne vendait pas que des réformes, 
il vendait une épopée morale 
où il était le champion 
de ceux qui se battent 
contre ceux qui profitent. 

Une stratégie qui divise, 
certes, 
mais qui soude sa base 
comme jamais. 

Passons maintenant à un de ses ennemi : 
Jean-Luc Mélenchon

La structure est la même, 
seuls les acteurs changent. 

Chez Mélenchon, 
le “nous”, 
c’est “le peuple”, 
les précaires, 
les oubliés, 
la jeunesse. 

Et le “eux” ? 
C’est une entité 
qu’il a popularisée jusqu’à l’obsession : 
“l’oligarchie”, 
“la caste”, 
“les puissances de l’argent”. 

Ses discours sont une mise en scène perpétuelle 
de la lutte des classes

Il ne dit pas juste 
“je veux augmenter le SMIC”, 
il dit 

“nous allons prendre à ceux qui ont tout 
pour redonner à ceux qui n’ont rien.” 

C’est la rhétorique de la reconquête, 
du peuple contre une élite prédatrice. 

Et la structure de l’histoire 
reste la même que celle de Sarkozy : 

un héros (lui), 
un peuple à sauver (le sien), 
et un ennemi à abattre. 

Et Jordan Bardella ? 

Il est le produit de cette même école, 
mais version 2.0
optimisée pour l’ère numérique. 

Son “nous”, 
ce sont “les Français”, 
un peuple menacé 
dans son identité même. 

Son “eux” 
est peut-être le plus large des trois : 
les “élites de Bruxelles”, 
le “système médiatico-politique”, 
et une immigration 
qu’il qualifie de “massive”. 

Bardella parle moins d’économie 
que de survie civilisationnelle

Chacune de ses interventions 
pose une nouvelle brique 
à son grand récit : 

celui d’une France 
qui doit se défendre 
contre des forces 
qui la dissolvent. 

La structure, encore et toujours : 
“Moi, Jordan Bardella, 
et vous, les Français, 
contre ce système 
qui veut nous effacer.” 

Tu l’as compris : 
que l’ennemi soit la gauche, 
la finance 
ou Bruxelles, 
la mécanique est identique. 

Ils créent un conflit clair (Calmer un conflit en 3 secondes chrono)
qui simplifie le monde, 
mobilise nos émotions 
et soude leur communauté

Ils ne font pas que de la politique, 
ils t’invitent à prendre part 
à une bataille. 

Point Commun n°2 : La Gestuelle de l’Autorité ou l’Art de Dominer l’Espace 

Le deuxième point commun, 
il est visible à l’œil nu. 

Coupe le son de leurs discours, 
et tu verras des corps 
qui parlent
le même langage (Les 10 erreurs à éviter quand tu lis le langage du corps) : 
celui de la certitude 
et de la domination

Ils savent que le pouvoir 
ne s’entend pas seulement, 
il se voit

Prenons deux gestes emblématiques. 

Le premier, 
c’est “le marteau”

Le premier, 
c’est “le marteau”

Ce poing 
qui frappe le pupitre 
ou la main 
pour marteler une idée. 

Nicolas Sarkozy en était le maître incontesté. 

Son énergie débordante 
était canalisée 
dans ses gestes secs, 
saccadés. 

Chaque coup 
était une affirmation : 
“Ce que je dis est une vérité, 
point final.” 

Il projetait cette image 
d’hyper-président, 
d’homme d’action 
qui plie le réel à sa volonté. 

Jean-Luc Mélenchon
lui, 
utilise aussi le marteau, 
mais de façon plus théâtrale

Son poing ne frappe pas, 
il s’abat

C’est le geste du tribun révolutionnaire 
qui appelle à l’insurrection. 

Sa gestuelle est moins celle d’un manager pressé 
que celle d’un prof d’histoire 
qui harangue la foule 
pour qu’elle se révolte. 

Le but est identique : 
graver une idée de force 
dans l’esprit de l’auditoire. 

Autre geste partagé : 
le “doigt directeur”
(A ne pas utiliser en cas de conflit comme on l’a déjà vu dans cet article)

Autre geste partagé : 
le “doigt directeur”

Ce doigt pointé vers l’autre. 

Sarkozy l’utilisait 
pour désigner un coupable, 
pour te prendre à témoin, 
créant un lien direct, 
presque intrusif. 

C’est un geste de pouvoir 
qui impose 
une relation verticale. 

Mélenchon l’utilise aussi, 
mais souvent pour désigner 
l’ennemi lointain : 
“l’oligarchie.” 

Son doigt ne t’accuse pas, 
il accuse pour toi

Et avec Jordan Bardella
on passe à une nouvelle génération. 

Sa gestuelle est plus sobre, 
plus contrôlée, 
pensée pour les plateaux télé 
et les vidéos TikTok 
où les grands gestes 
peuvent vite paraître ridicules. 

Son autorité passe moins par les mains 
que par le port de tête

Regarde son menton, 
légèrement relevé : 
une posture classique 
de dominance. 

Ses mains, 
souvent posées à plat, 
signalent le calme 
et la maîtrise. 

Ses mains, 
souvent posées à plat, 
signalent le calme 
et la maîtrise. 

Bardella a compris 
que dans l’arène médiatique moderne, 
l’autorité n’est plus dans l’agitation, 
mais dans une immobilité puissante

Il incarne une autorité “cool”, 
qui n’a pas besoin de crier 
pour avoir raison. 

Qu’ils soient agités ou calmes, 
ces trois-là 
utilisent leur corps 
comme un instrument de pouvoir. 

Leur gestuelle 
n’est pas un accompagnement, 
elle est le message : 

“Je suis le chef. 
Je sais où je vais. 
Suis-moi.” 

Point Commun n°3 : La Punchline ou l’Art de la Simplification Complexe 

Troisième secret : 
l’art de la punchline

Leur capacité à réduire 
un débat de société entier 
en une phrase courte 
et percutante. 

Une phrase conçue 
pour être répétée, 
tweetée, 
transformée en mème. 

Son but ? 
Court-circuiter ton cerveau 
pour parler directement 
à tes tripes. 

Nicolas Sarkozy 
est sans doute le père 
de la punchline politique moderne en France. 

“Travailler plus pour gagner plus” : 
c’est du génie. 

C’est simple, 
ça sonne juste, 
ça résume toute une vision du monde. 

Qui pourrait être contre ? 

La formule a dépassé 
son propre programme. 

Et même son fameux 
“Casse-toi, pauv’ con !” 
au-delà du scandale
a paradoxalement renforcé son image 
d’homme “authentique”, 
qui parle “vrai.” 

Jean-Luc Mélenchon
lui, 
est le poète de la punchline

Ses formules sont plus théâtrales, 
plus imagées. 

La plus célèbre, 
même sortie de son contexte, 
reste : 
“La République, c’est moi !” 

Une phrase 
qui incarne sa vision quasi-messianique 
de sa propre mission. 

Il ne dit pas : 
“Je défends les institutions.” 
Il dit : 
“Je suis l’institution.” 

C’est une appropriation symbolique 
d’une puissance folle. 

Pour lui, 
la punchline est une arme 
de guérilla médiatique
conçue pour faire le buzz 
et être amplifiée 
par sa communauté en ligne. 

Jordan Bardella, enfin, 
est le maître 
de la punchline 
à l’ère du scroll infini

Ses formules sont optimisées 
pour l’algorithme : 
courtes, 
clivantes, 
binaires. 

Des phrases comme 
“La France n’est pas un hôtel” 
ou l’opposition entre 
“la France des métropoles” 
et “la France périphérique” 
sont d’une efficacité redoutable. 

Elles n’expliquent pas un problème, 
elles lui donnent un nom 
et une solution 
en apparence simple. 

Bardella a compris 
que dans notre économie de l’attention, 
la nuance est inaudible. 

Seule la simplification choc 
perce le bruit. 

Qu’elle soit un slogan, 
une saillie historique 
ou un tweet viral, 
la punchline remplit la même fonction 
pour ces trois hommes : 

Marquer les esprits. 
Imposer les termes du débat. 
Transformer leurs partisans 
en ambassadeurs. 

C’est l’art de gagner 
la bataille des idées 
non pas en convainquant, 
mais en imprimant

Conclusion 

Alors, 
qu’est-ce qu’on retient de tout ça ? 

On a vu trois armes communes. 

Un : 
le storytelling d’opposition
ce fameux “nous contre eux” 
qui soude un camp. 

Deux : 
la gestuelle d’autorité
qui projette une image 
de puissance 
et de certitude. 

Et trois : 
la punchline
cet art de la simplification 
qui court-circuite la pensée. 

Ces techniques, 
bien au-delà de leurs idées, 
révèlent une grammaire commune du pouvoir

Une grammaire 
qui préfère la confrontation 
au consensus, 
l’émotion à la raison (Clique ici pour 3 Étapes Simples Pour Maîtriser Tes Émotions)
et le slogan à la nuance. 

Ils ont compris 
que pour exister aujourd’hui, 
il faut être un personnage 
avant d’être un programme. 

Et ça nous amène 
à la vraie question : 

Est-ce que ce sont ces talents de communicants 
qui expliquent 
leur incroyable longévité politique ? 

Et est-ce qu’à force 
de se concentrer sur la forme, 
on n’en oublie pas, collectivement, 
de débattre du fond ? 

Peut-être as-tu remarqué 
d’autres similitudes entre eux ? 

D’autres gestes ? 
D’autres tics de langage ? 

Le débat continue dans les commentaires, 
et j’ai hâte de te lire. 

Si cette analyse t’a plu 
et t’a permis de voir les choses autrement, 
Merci, 
et à très vite. 

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2 réponses à “Les 3 Points Communs Entre Jordan Bardella, Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon ”

  1. Avatar de Evalee

    Très chouette analyse d’un sujet inattendu et passionnant ! J’ai adoré ton recul sur les idéologies de chacun, c’est rafraîchissant par les temps qui courent. Dans un monde où, comme tu le dis si bien, la nuance est inaudible, on a plus que jamais besoin d’un décodeur. Alors merci !

    1. Avatar de SK Décodeur Humain

      Pour vous servir 😉 Merci à toi👍🏻

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